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Fissa!

Sortie de Résidence
Cie Koracorps

"Face à autrui qui me possède en me voyant comme je
ne me verrai jamais, je suis projet de récupération de
mon être" E.Levinas

Marcher...
Marcher simplement...
Simplement dans une rue casablancaise...
Créée chez moi un rythme et une allure d’armurée lorsque j'y suis. La sensation de toiles tissées collées sur des parties de mon corps, cadence mes pas vivement, afin de trouver le lieu pour se relâcher, c'est à dire : pas dans la rue.
Marcher simplement dans une rue casablancaise structure ma tenue, mon regard, mon choix de prendre tel trottoir et pas un autre, ma vitesse de pas, mon devoir de trouver un compagnon de marche, ma résignation à tirer sur mon t-shirt pour la centième fois pour cacher mes formes...des formes qui poussent à mon insu. Je prends "simplement" la route vers le collège, et chaque regard croisé dévie quasi instantanément sur autre choseque je ne peux voir mais qui pourtant m'appartient : mes fesses.
Cette part de nous que seuls les autres peuvent voir dans sa forme originelle, dans sa totalité. Il nous serait possible d'user de subterfuges "réfléchissants" pour regarder de face notre séant ; nous pourrions aussi nous contorsionner pour atteindre notre postérieur, mais jamais nous ne le verrons comme les autres le voient...car toute torsion implique une modification de sa masse et participe indubitablement à cette rotation ; et tout moyen miroitant nous renvoie à notre incapacité à le voir de façon directe.
La fantasmagorie autour de notre arrière-train est foisonnante et ce dans toutes les cultures. La seule prononciation des mots " fesses" ou "cul" suffit pour énoncer le caractère sexuel quasi univoque et esquisser un sourire...Mais qu'en est-il de notre "cul" quotidien, celui qui reçoit notre poids, qui nous maintient debout, celui qui fait tant jaser alors qu'il est un organe fonctionnel comme les autres? N'avez-vous jamais eu l'impression que vos fesses "parlent" aux autres sans votre consentement?
A travers "Fissa!", j'aimerai explorer la construction des regards que l'on porte sur notre corps en société, inviter le public à siéger différemment sur son fauteuil pour questionner sa manière de percevoir l'anatomie du corps dansant.

 

> LU. 18 Mars au VE. 22 Mars
Studio Pôle Danse des Ardennes
SEDAN